Le Pavillon Duhamel

Le Pavillon Duhamel, de style néo-classique, a été construit entre 1906 et 1907, à la demande de Victor Duhamel (oncle de l'écrivain Georges Duhamel) pour accueillir ses collections personnelles d'œuvres d'art et d'objets, recueillis au cours de ses voyages. Monument emblématique de Mantes-la-Jolie, il a été distingué par le label « Patrimoine d’intérêt régional ».

L’ancien musée de Mantes

Le Pavillon Duhamel naît de la volonté d’un couple de collectionneur  - Victor Duhamel (1836-1918) et Louise Duhamel (1848 - ?) - d’offrir un musée aux habitants de Mantes-la-Jolie. La famille, parente de l’écrivain Georges Duhamel, constitue une importante collection grâce à des héritages et de nombreux voyages en Asie Mineure et en Méditerranée. Le 10 juillet 1906, le couple fait don à la ville d’un bâtiment pour abriter sa collection et prévoit aussi de verser une rente annuelle pour l’entretenir et le gardienner. La ville accepte ce généreux don en mettant à disposition un terrain dans le square Brieussel-Bourgeois.

Les Duhamel créent un prestigieux écrin pour leurs collections en commandant un édifice à l’architecte parisien Maurice Nalet. Les travaux commencent le 10 mars 1906 et s’achèvent dès 1907. À partir de cette date, les collections sont progressivement installées. C’est le 13 juin 1909 que le musée est inauguré.

Une architecture remarquable

Le bâtiment est d’une grande richesse décorative et rappelle son aîné parisien, le musée du Petit Palais. Son large perron invite le visiteur, par une volée de marches semi-circulaires, à la porte principale. Une très belle porte en fer forgé est surmontée d’une céramique, exécutée par M. Bonne-Foy, représentant de façon allégorique la fondation de ce musée. Dans un paysage évoquant Mantes avec les tours de la collégiale, les fondateurs du musée sont représentés dans leurs activités artistiques et scientifiques : Mme Duhamel exécutant une tapisserie, Mr Duhamel étudiant une sculpture égyptienne. Les ornements extérieurs et intérieurs, de style Louis XVI, sont également très élaborés et viennent ponctuer les divers éléments architecturaux (frises et guirlandes de rinceaux fleuris ou de fruits, demi-colonnes cannelées de type ionique, denticules, etc).

Malgré son style architectural encore très inspiré par le néo-classicisme et l’architecture publique monumentale, le Pavillon Duhamel, par sa taille et son volume simple, se présente comme un édifice plutôt intimiste et accueillant. Le pavillon, de plan rectangulaire, est composé d'un volume simple aux proportions harmonieuses. Il se compose de trois étages, tous trois organisés selon la disposition de la pièce à l’italienne entourée d’une galerie. A chaque niveau, de part et d’autre de cette pièce centrale, aux angles, se trouvent quatre pièces symétriques. Le rez-de-chaussée s’organise autour d’un grand hall, autrefois partie principale du musée. L’escalier en est la pièce maîtresse et donne une distribution raffinée des étages. Le grand hall et les galeries du premier étage présentaient des vitrines remplies d’objets. Les pièces d’angle, au rez-de-chaussée et au premier étage, étaient occupées par un salon des fontaines, un salon de famille, salon Empire, un salon Louis XVI, un salon oriental et un salon italien. La décoration de ces salons était conçue pour recréer l’ambiance de ces époques. Ces décors sculptés sont toujours visibles.

La collection Duhamel au musée de l’Hôtel-Dieu

En 1940, le musée est fermé par précaution. Les œuvres sont mises en caisses et protégées des bombardements. Le musée en souffre peu mais ses portes ne rouvrent pas. Il faut attendre 1996, pour retrouver les collections dans les nouvelles salles du musée de l’Hôtel-Dieu.

À l’occasion d’expositions temporaires, certaines pièces sortent des réserves.