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Culture  puce Patrimoine  puce L'église Sainte-Anne de Gassicourt

 

L'église Sainte-Anne de Gassicourt

L’ancienne commune de Gassicourt appelée « Wascicortis » puis « Gassicuria », « Gassicourt-lez-Mante » (1379) et aussi « Gassicourt-en-Gravois » fut annexée à Mantes en 1930. De l’ancien village au passé rural, il ne reste que peu de vestiges hormis l’église Sainte-Anne.
Aujourd’hui remarquablement restauré, l’édifice prenait place dans un ensemble conséquent de bâtiments religieux : le prieuré Saint-Sulpice de Gassicourt, propriété de l’abbaye de Cluny (Bourgogne).
Jusqu’à la Révolution de 1789, ce prieuré fut le centre d’une grande exploitation rurale qui s’étendait très loin dans les cantons voisins.



CHRONOLOGIE
Église Sainte-Anne de Gassicourt
- 1074 : Simon comte de Mantes, du Vexin et du Valois confirme la donation de son père Raoul d’une église sous le vocable de Saint-Sulpice à l’abbaye de Cluny. Les moines entreprennent alors à Gassicourt la construction d’un prieuré.
- 1295 : Une bulle du Pape Boniface VIII transforme le prieuré en doyenné. Ainsi le doyen gérait le monastère tandis que le prieur organisait la vie courante.
- 1649 : L’église est dédiée à sainte Anne.
- 1664-1703 : Bossuet, évêque de Meaux et précepteur du fils de Louis XIV est abbé de Gassicourt à cette époque.
- 1739 : Époque du régime de la commende; les monastères deviennent des propriétés de rapport, les abbés et les doyens purent devenir commendataires. Ce régime fut néfaste aux abbayes et entraîna leur déclin : c’est la fermeture de l’église. Elle sera ensuite louée au curé de Gassicourt et ne servira qu’aux paroissiens du village.
- 1740 : Le monastère qui entoure l’église est détruit, il n’en reste qu’une partie du réfectoire au niveau de la sacristie.
- 1791 : L’église appartenant alors à Talleyrand est de nouveau vendue mais elle conservera sa vocation religieuse et restera paroissiale.
- 1862 : Grâce à sa valeur artistique, l’église est classée par les Monuments historiques.
- 1905 : Le vote de la loi de séparation de l’Église et de l’État fait entrer Sainte-Anne dans le patrimoine communal [de Gassicourt]
- 1944 : Lors des bombardements de la Seconde Guerre mondiale l’église fut très largement touchée, si bien que la nef fut complètement détruite. De nombreuses restaurations seront effectuées par la suite.
- 1961 : Découverte sous le pavement de l’église d’un gisant du XIIe siècle.
- 1964 : Fin des travaux. L’église est rendue au culte le 12 juillet 1964.- 1971-1987 : De grands travaux d’aménagement voient le jour, notamment la construction de la place Sainte-Anne (parvis,
éclairage, espaces verts...) qui met en valeur cette magnifique œuvre romane.
- 2003 : L’éclairage intérieur est refait avec le concours de Valeur et Culture de la Vallée de la Seine qui envisage la prochaine remise en état des vitraux.
Extrait de la présentation de l’église dans une plaquette éditée par la Maison du tourisme du Mantois (2003)


L’église :

La façade
ouest de Sainte-Anne porte les traces du style roman des premières années du XIIe siècle et sa forme géométrique rappelle celle de certaines églises de la région. En forme de croix, l’édifice est composé d’une nef à trois vaisseaux, longs de cinq travées, flanquée de deux bas-côtés, d’un transept surmonté à la croisée par un clocher et d’un chœur à chevet plat.
Les travées de la nef sont formées par les arcs en plein cintre qui s’appuient sur des colonnes isolées. Ce type de construction existait dans la première moitié du XIe siècle dans les édifices bourguignons, notamment à Saint-Philibert de Tournus, et dans l’art roman normand comme à Notre-Dame d’Etretat en Seine-Maritime.
À l’origine la nef comprenait un simple plafond en bois. Depuis le XIIIe siècle il est recouvert d’une voûte en pierre conçue en même temps que le cœur gothique. Le clocher qui s’élève au dessus de la croisée du transept comporte à l’ouest une baie romane aveugle, qui servait certainement de lanterne et qui montre une influence bourguignonne.

Aujourd’hui, l’église n’a plus tout à fait le même aspect qu’à l’origine. Les volumes de l’édifice ne correspondent plus à ceux voulus par les bâtisseurs romans. D’une part le chœur et le transept ont été remaniés. Ainsi, ils ont été reconstruits dans la seconde moitié du XIIIe siècle, à partir de la construction d’origine qui a été partiellement réutilisée, suite à la donation royale de vitraux exceptionnels. D’autre part l’édifice a subi de nombreuses restaurations. Les toitures des bas-côtés ont été surélevées et l’appareillage régulier en pierre taillée est une transformation du XIXe siècle. A l’origine, l’église semble avoir été bâtie en moellons.

Suite à la Révolution, l’église est en très mauvais état. Il fallut attendre les restaurations d’Alphonse Durand, entre 1856 et 1874, pour qu’elle soit tirée d’affaire. L’architecte restaura fortement la face ouest de l’église, en particulier la partie gauche qui était prise dans un édifice. L’église a été endommagée par les bombardements du 7 mai 1944. La façade a été attaquée, la toiture soufflée, la voûte en plâtre du XVIIe siècle qui recouvrait l’église de cinq croisées d’ogives est très endommagée et les piliers ont été attaqués. L’église sera alors restaurée à partir de 1953. Durant ces restaurations, on remplace notamment les voûtes qui n’étaient pas d’origine. L’architecte des Monuments historiques, Robert Camelot prit le parti de créer une couverture en charpente en berceau lambrissée apparente comme elle devait être à l’origine. Le haut vaisseau est donc couvert d’un lambris depuis 1957. Ces travaux ont permit de redonner à l’église un aspect plus proche des origines. Une église provisoire sera ouverte rue Jean-Jaurès en attendant la réouverture de l’église Sainte-Anne en 1964.



Les vitraux :
Louis IX (Saint-Louis) et Blanche de Castille offrirent au prieuré de Gassicourt de superbes et grands vitraux. Ces vitraux du XIIIe siècle, sont parmi les plus beaux d’Ile-de-France. Ils représentent des scènes de la Passion, de la vie du Christ et des portraits d’apôtres et de saints.

Les stalles et les miséricordes :
Les stalles, de la fin du XVe siècle, au nombre de 32, sont particulièrement intéressantes car elles sont très bien conservées. Sculptées en chêne et simplement cirées, elles ont acquis avec le temps une belle patine. Contrairement aux autres stalles de la même époque, celles-ci ne sont pas inspirées de l’ancien ou du nouveau Testament, mais plus simplement de la vie rurale du village de Gassicourt. Ce dernier possédait des vignes qui ont progressivement disparu avec l’urbanisation. Il s’agissait d’ailleurs de la principale ressource de l’abbaye. A cette époque, le monastère devait être prospère pour pouvoir les financer et leur nombre correspondait sans doute à peu près au nombre de religieux. Elles sont disposées comme souvent en deux étages : les stalles hautes du pourtour étaient réservées aux religieux, prêtres, les stalles basses aux novices.

Le maître huchier sculpteur et son aide ont voulu évoquer et symboliser les vices, les vertus, les péchés, mais également les saisons, les végétaux présents aux abords du village, ainsi que les métiers et occupations des villageois. Il y a très peu d’évocations religieuses, bien que destinées à des meubles d’église. Certaines scènes restent inexpliquées.

L’église très endommagée lors du bombardement du 7 mai 1944, sera restaurée de 1950 à 1964. Profitant de ces travaux, l’architecte reposera les stalles dans le chœur (et non pas à leur emplacement d’origine dans la nef) et construira un nouvel autel en pierre à la croisée du transept pour rapprocher le célébrant des fidèles.

Les fresques:
Les fresques
du XIVe siècle, très dégradées, représentent le Jugement Dernier, la Transfiguration ou des anges musiciens. Elles sont situées dans le bras sud, sous la voûte.


Les tombes:

L’église abrite deux pierres tombales datant de la fin du XIIe siècle :
- le gisant d’un prélat non identifié, bien conservé, avec sa mitre, sa crosse et son anneau (cf article de Léon Pressouyre publié en 1983)
- Une plate-tombe, stèle funéraire d’un prieur local Thomas de Breinne mort en 1278.

Les fonts baptismaux :
Les fonts baptismaux situés en bas du collatéral sud comportent une cuve ancienne en calcaire, du XIIIe siècle, posée sur un pied plus récent. Cette cuve a une forme d’octogone irrégulier (quatre grands et quatre petits côtés) dont le pourtour porte une frise de feuilles de vigne à son sommet. Le couvercle de laiton est aussi orné d’un décor de vignes rappelant l’ancienne culture locale.
Outre la qualité de son architecture et de son mobilier, cette église, classée au titre des Monuments historique depuis 1862, tenait une place importante dans la vie collective des villageois, dont le quotidien était rythmé par les activités agricoles.
En vente à l’église ou au Musée un livret explicatif Sainte-Anne de Gassicourt, Mantes-la-Jolie, Bayard-Service Edition, Issy-les-Moulineaux, 2002, 31p.
Tarif : 3 €

Articles consultés : (Archives de MLJ)
- Robert Rousselle, « Un quartier de Mantes-la-Jolie : Gassicourt » in Les Amis du Mantois, Mantes-la-Jolie, t.8, 1957, pp. 12-16.
- Léon Pressouyre, « Le Gisant de Gassicourt (XIIe siècle) » in Monuments et mémoires publiés par l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, Fondation Eugène Piot, A. Chastel (sous la dir.), PUF, Paris, 1983, pp. 55-66.

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