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Le Château Royal

Dès le Xe siècle, Mantes possédait un château sous la forme d’une motte castrale afin de défendre la frontière avec la Normandie. Cette motte correspondait au tracé des rues de l’Abbé-Hua, du cloître Notre-Dame et de la Sangle. Dans l’enceinte du château fut bâti un édifice fortifié massif qu’on appelait « La Tour de Ganne ou Tour du Mont Epervier ».

Le château
Le château de Mantes s’élevait en bordure de la place du Miroir (aujourd’hui place du Château) et sur l’emplacement du square actuel et de la propriété situés derrière l’abside de la collégiale Notre-Dame. Il s’agissait surtout d’une forteresse bâtie sur un point culminant, dominant la Seine. Selon la première mention connue du château, Gauthier II le Blanc (944-1027), comte de Vexin, de Mantes, d’Amiens et de Valois, aurait jeté les fondements de ce château autour de 1006.

Cette forteresse, redoutable par sa position à proximité de la frontière de la Normandie, fut le témoin de nombreuses luttes et abrita de nombreuses têtes couronnées telles que Philippe Ier (1052-1108), Guillaume le Conquérant (1027-1087), Louis VI dit le Gros (1081-1137), Louis VII le Jeune (1120-1180), le roi de France Philippe Auguste (1165-1223), Saint-Louis (1214-1270), Jeanne de France (1312-1349) et Philippe d’Evreux (1306-1343), Catherine de Médicis  (1519-1589), le Cardinal Mazarin (1602-1661)…

Le château fut agrandi par Jeanne de France et Philippe d’Evreux qui vinrent y habiter vers 1328. Pour cela ils empruntèrent 1 000 livres tournois à la commune de  Mantes. Un de leurs enfants, Charles, surnommé le Mauvais (1332-1387), roi de Navarre, fit de nombreux séjours dans la vieille demeure féodale. En 1353, il fit fortifier le château, par une clôture avec porte et pont-levis, qui enfermait en même temps, l’église Notre-Dame dans cette enceinte. Cette disposition exista jusqu’en 1432, époque où cette partie des fortifications fut démantelée. Après les incendies et pillages de Mantes par les Anglais et Navarrois, en 1365, Charles V (1338-1380), restaura complètement le château, et tout en conservant la demeure féodale, il en fit une habitation seigneuriale, plaisante et confortable. Au rez-de-chaussée, les deux pièces principales, une salle à manger et une grande salle de réunion, donnaient sur la terrasse. Une galerie intérieure conduisait aux cuisines, aux communs et à la loge du portier. Le premier étage était composé de six chambres dont deux principales ayant vue sur la Seine. Les dépendances étaient situées dans l’angle opposé. Une grande cour au devant des communs et des écuries, servait aux réunions et aux exercices de la garnison.



Henri IV (1553-1610), séjournait souvent au château. Il vint pour la dernière fois au château de Mantes avec la reine, Marie de Médicis, au mois de mars 1609. Lors de ce dernier voyage, en se promenant dans les jardins avec cette dernière, il lui aurait dit : « Madame, si vous saviez combien cette ville m’est chère ! Mantes a été autrefois mon Paris, ce château mon Louvre, et ce jardin mes Tuileries, où je pris de fort bonnes résolutions ».
En 1615, le château a cessé d’être une résidence royale et une partie de ses bâtiments a été convertie, dès 1604, en manufacture de draps de soie.

En 1720, l’ancienne demeure seigneuriale se trouvait en très mauvais état ; elle avait été conservée logeable en partie, jusque vers 1700 et réservée aux troupes de passage, à certains convois de l’Etat et aux valets des personnages officiels en déplacement. De 1721 à 1791, ces écuries servirent à loger les chevaux du relais de la poste royale. En 1751, on répara les chambres et les écuries ; les travaux furent adjugés à Louis Giroux et Jean Leguay, maçons.

Le château fut démoli en 1719. On n’en conserva que les vastes écuries avec leur importante maréchalerie, le tout construit en bordure de la place de l’ancienne ruelle aux Prêtres (aujourd’hui disparue), enclavée dans la propriété qui occupe maintenant l’emplacement du château. Sur les anciennes fondations du château, on construisit, à la fin du Premier Empire, une demeure modeste qui fut démolie vers 1920. Elle fut rasée, il y a quelques années, pour faire place à un jardin d’agrément. La ville de Mantes se rendit acquéreur, après la Libération de 1945, des bâtiments restants et du parc, qui était connu comme la propriété Fajard.

 

La Tour de Ganne
La Tour de Ganne ou Tour du Mont Epervier, attachée au château, aurait été élevée par les Normands vers 912, à proximité du fleuve, au bas de l’éperon rocheux sur lequel le château fut édifié. Elle fut construite afin de défendre l’accès au château depuis la Seine.

Cette tour, dont la base était de niveau avec la rue des Tanneries, était un donjon de cinq étages rectangulaires, d’environ 18m sur 12m. Chaque étage était séparé par un plancher en bois, et le tout était ouvert par un comble avec écoulement des eaux par le chemin de ronde et des gueulards saillants pour rejeter l’eau au dehors. Le chemin de ronde, entouré d’un mur avec créneaux et meurtrières, dominait la campagne et la Seine. Ce mode de construction rectangulaire se retrouve dans toutes les constructions de défense élevées par les Normands. La tour était construite en pierre de Vernon appareillée (les pierres venant des carrières près de Vernon, à proximité de la Seine, étaient embarquées toutes taillées et transportées par bateaux).

Un atelier monétaire aurait été installé dans la Tour de Ganne et servit à fabriquer des pièces sous Philippe Ier (1052-1108), Louis VI (1081-1137) et Louis VII (1120-1180).

La tour s’écroule en 1710. On achève en 1719, la démolition de ce qu’il restait.

De belles gravures furent réalisées par l’architecte Eugène Saintier, publiées en 1925 puis en 2010.

Mantes ville fortifiée d’après Eugène Saintier, GREM (Groupe de Recherches et d’Editions Mantaises), Mantes-la-Jolie, [2010] 41 p.

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