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Culture  puce Patrimoine  puce La Tour Saint-Maclou

 

La Tour Saint-Maclou

 

« Saint-Maclou, c’est la longue et douloureuse histoire d’une église, d’une tour, d’une paroisse. Auprès de sa magnifique rivale qu’était la collégiale, paroisse de Sainte-Croix, l’histoire de Saint-Maclou n’est qu’une longue suite d’humiliations, de destructions, par les révolutionnaires ou la foudre ou par la pluie… De ses ruines, il ne subsiste aujourd’hui que la tour. Il n’y a plus d’église. Il n’y a plus de paroisse. Mal construite, mal entretenue, église de pauvres, de siècle en siècle elle devait perdre, dans un lamentable effondrement ses murs, ses piliers, ses cloches… pourtant une tour élégante – certes une parure de notre vieille cité – allait durer jusqu’à nous et nous rappeler cette étonnante histoire. »
« Saint-Maclou de Mantes » par le chanoine Bernet, archiprêtre de Mantes, article paru dans Les Amis du Mantois, n°4, 1953, pp.6-10

 


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Une architecture hardie et élégante

La tour Saint-Maclou (classée au titre des monuments historiques depuis le 18 mai 1908) est exceptionnellement ouverte au public cette année. Elle domine la place du Marché au Blé depuis au moins 400 ans et constitue un élément familier pour tous les Mantais.
Cette tour en pierre calcaire comporte un rez-de-chaussée et trois étages. Sous les arcades (aménagement du XXe siècle) sont présentés des panneaux décrivant l’histoire de Mantes.
Au premier étage s’ouvrent, sur les quatre faces, des baies ogivales sans ornement. Le deuxième étage est plus travaillé. Ornée aux angles, de gargouilles, la tour compte aussi six statues installées dans des niches. La statuaire de ce deuxième niveau représente les Vertus. Une tourelle flanquée sur l’angle nord-est court sur toute la hauteur de la tour : c’est l’escalier à vis, accès à la tour et terminé par une petite coupole.

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Origines

La tour Saint-Maclou est le dernier vestige d’une ancienne église paroissiale du même nom, datant du XIe siècle. Cette église aurait été édifiée après le siège de Mantes mené par Guillaume le Conquérant en 1087, sur le site d’une première église qui aurait été construite vers 1015. A cette époque, un marché aux harengs, provenant des pêcheries dieppoises, s’était installé près du sanctuaire.

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Chronologie

- 1015 : Première église Saint-Maclou.
- 1087 : Incendie de toute la ville par Guillaume le Conquérant. Construction d’une église sur emplacement proche, art gothique.
- 1340-1344 : construction d’une tour à l’église [A. Cassan, 1833] ou du moins de sa base et premier niveau.
- 1612 : la foudre s’abat sur l’église, une partie de la nef s’effondre tuant le jeune Antoine Trudet.
- 1692 : effondrement du chœur et d’une partie des bas-côtés.
- 1693 : Reconstruction du chœur. Le sieur Barquillet offre 1000 livres à cet usage. La messe est provisoirement dite dans l’église (toute proche) du prieuré Saint-Georges.
- 1706 : reprise des messes à Saint-Maclou, 25 mars.
- 1742 : une cloche casse lors d’un fort orage.
- 1751 : par faute d’entretien ou de malfaçon l’église doit être restaurée à nouveau. Devis par le maçon Jean Vavasseur.
- 1767 : Pose de nouvelles grilles à l’entrée du chœur suite au don de Monsieur Desbois.
- 1789 : l’église devient bien national, le 19 décembre.
- 1791 : le vicaire continue d’y célébrer les messes. Il a prêté serment à la Nation.
- 1793 : le 22 février est célébrée la dernière messe.
- 1794 : la municipalité prévoit des travaux de « débarrassement et démolitions de Saint-Maclou ». L’église devra être dépavée, les gravas enlevés mais les pierres de taille conservées. Le 5 octobre, la tour est vendue et devra être démolie « jusqu’à la voûte en ogives ».
- 1806 : l’église menaçant ruine est détruite. La nef, le chœur et une partie des murs sont démolis. La tour-clocher est conservée.
- 1815 : donation à la Ville de la tour par le conseil de fabrique.
- 1828 : démolition des murs de la nef qui subsistaient.
- 1900 : vers 1900, élargissement de la place entre la tour et le Marché au Blé. Disparition de la rue des Marmousets.
- 1990 : installation sous une travée de panneaux sur l’histoire de la ville de Mantes.
La tour Saint-Maclou reste à ce jour le seul exemple d’architecture époque Renaissance, où l’influence italienne est clairement manifeste.

Descriptif détaillé

extrait de l’article de Roland Vasseur paru dans Les Amis du Mantois, n°8, 1957, p.32.

« La tour, ainsi que l’a démonté M. Poncelet, s’élevait près de l’angle sud-ouest de l’église. Elle est de plan carré, épaulée à chaque angle, dès la partie supérieure du second étage, de deux contreforts plats formant pilastre. Elle comprend, au-dessus d’un rez-de-chaussée voûté, une cage vide divisée à l’origine en trois étages par de simples planchers. Cette division est nettement accusée à l’extérieur par des entablements très accentués, qui ressautent au droit de chaque contrefort. Chaque entablement est garni de gargouilles qui se détachent aux angles et au centre de chacune des faces.

[Descriptif du rez-de-chaussée]

De puissants contreforts contrebutent normalement la partie inférieure sud de la tour, c’est à dire le côté extérieur. Le rez-de-chaussée est encore flanqué à l’ouest d’une travée voûtée. Le pilier nord-est est épaulé par une sorte de mur boutant. Ces dernières constructions ont été reprises en partie à la fin du siècle dernier probablement [19e siècle].

[Les baies des étages]

Sur chaque face du premier étage s’ouvre une vaste baie en arc brisé très ouvert. Des départs d’arcs vers l’ancienne nef et l’ancien collatéral sud sont visibles sur les faces nord et est. Les deux étages supérieurs sont un peu en retrait sur le premier étage. Sur chacune de leurs faces s’ouvrent deux baies jumelles en arc brisé, très hautes. Leur partie supérieure est garnie d’un remplage à triple redent. Ces grandes baies occupant toute la hauteur d’un étage sont un souvenir des étroites baies géminées dans la vogue a été si grande en Normandie et en Île-de-France dès le début du gothique [11e siècle]. L’étage supérieur de la tour sud de la collégiale en fournissait un exemple parfait. Cependant, une particularité est à signaler. Les baies du second étage, dans le projet initial, ne devaient pas donner cette impression d’allongement. Un bandeau mouluré en larmier divise cet étage en deux et on remarque sur chaque baie, au-dessus du larmier, le départ d’un arc profilé comme les ébrasements. Sur les retombées centrales apparaissent des pierres d’attente à mouluration identique et qui correspondent de chaque côté de la baie à l’arrivée de cette sorte d’étrésillon [pièce qui sert d’étai lorsqu’un mur verse]. Les baies géminées du second étage auraient donc été refendues par deux segments d’arc, jouant le rôle d’étrésillons, dont la naissance se situait au niveau du larmier et l’aboutissement sur la retombée commune aux deux ouvertures.
Cette disposition, à vrai dire peu heureuse, n’a pas été conservée. Il est même possible, et c’est à quoi j’inclinerai plus volontiers, qu’elle ait été prévue et abandonnée en cours de travaux pour des raisons d’esthétique. Il s’agirait d’un repentir d’architecte et cela expliquerait d’une part le fait qu’on n’ait pas arasé les départs – la taille étant faite – et, d’autre part, qu’on ait même songé à les protéger par une pierre en talus.

[Statuaire et décor]

Douze niches à dais et culs de lampe, dont certaines sont occupées par des statues, ornent la partie supérieure du second étage. Au troisième étage, les contreforts sont doublés de pilastres amortis par une volute et arrêtés à mi-hauteur d’étage. Un terrasson [petite terrasse] à balustrade garnie de vases termine la tour.

[Accès et terrasse]

Un escalier à vis, placé dans une tourelle octogonale accolée à l’angle sud-est de la tour, dessert les différents étages. Un petit dôme couronne cette tourelle. Les divisions en étages et demi-étages, signalées par des frises de masques et de têtes qui se développent entre deux systèmes de moulures. Le maître d’œuvre a obtenu par cette succession de repos un remarquable équilibre entre les verticales et les horizontales.

Des statues vertueuses…

A partir de l’analyse de Roland Vasseur, (instituteur et correspondant à la commission supérieure des Monuments historiques) article paru dans Les Amis du Mantois, n°7, 1956, pp.16-21.
Pour voir les six statues du 2ème étage qui subsistent, prenez du recul. Ce sont six personnages féminins symbolisant les vertus théologales (qui visent Dieu spécialement).
Dans l’ordre depuis la place Saint-Maclou vers la place du Marché au Blé, en terminant côté rue des Halles :

1- la charité :

Femme tenant une étoile à 6 branches (monogramme du Christ) et un cœur. Ces symboles font référence à la définition religieuse de la charité : aimer le Christ par dessus tout.

2- la force (statue abîmée)

Femme tenant une colonne (en partie détruite). Cet attribut qu’elle porte sur son bras droit montre sa vigueur. Si elle l’entoure de son bras, c’est un solide appui.
La force est une vertu morale qui est le courage de l’âme.

3- l’espérance (se mettre dans la rue des Arigots)

Deuxième vertu théologale, elle consiste à l’attente des biens célestes en récompense de la vie sur terre. Ses attributs sont la bêche et l’ancre. L’ancre symbolise le port du salut où elle fixera sa demeure éternelle. La bêche représente l’outil pour espérer une bonne récolte.

4- la tempérance (se mettre à l’angle de la rue Baudin)

Cette vertu consiste à s’abstenir des choses licites ou à se modérer dans leur usage.
L’interprétation de cette statue par Roland Vasseur, s’appuie sur la galette tenue par la dame, par des mains voilées. Habituellement, la tempérance a comme attribut une horloge ou un mors.

5- la foi (côté rue des Halles, se mettre au milieu de la place du Marché au Blé)

Placée au milieu de la face la moins visible, cette allégorie de la foi semble emprunter la tradition gothique. Elle tient en main droite le livre des saintes écritures (attribut français) et en main gauche un calice d’où sort une hostie (attribut italien). Ces attributs ne se voient pas bien.

6- la justice

Dernière de la série des vertus, elle est encore moins visible que les cinq autres car traitée en bas-relief sur l’extérieur de la tour d’angle. Reconnaissable par ses cheveux flottants, ses manches longues et serrées aux poignées, elle tient contre elle la balance (elle pèse les actions) et le glaive (pour exécuter la sentence). Il est possible que ces attributs aient disparus aujourd’hui.

Bibliographie :

Coudurier Aurélien, Mémoire en images : Mantes-la-Jolie, Editions Alan Sutton, 2010, p. 14-15. (illustration 4 photographies)
Flohic Jean-Luc (sous la dir.), Le Patrimoine des communes des Yvelines, Flohic Editions, collection « Le patrimoine des communes de France », Paris, 2000, p.410.
Pérouse de Montclos Jean-Marie, Guide du patrimoine : Ile-de-France, Paris, Direction du Patrimoine / CNMHS, Conseil régional d’Ile-de-France, Hachette, 1992, p.396.
Bourselet Vincent, Henri Clérisse, Mantes et son arrondissement, Edition du Temps, Paris, 1933, [réedition récente] 364 p.

Articles (consultés aux archives mun.)

Chanoine Bernet, « Saint-Maclou de Mantes » dans Les Amis du Mantois, Mantes-la-Jolie, tome 4, 1953, pp. 6-10.
Poncelet Maurice, « Notes sur l’église Saint-Maclou de Mantes » dans Les Amis du Mantois, Mantes-la-Jolie, tome 6, 1955, pp. 16-19.
Vasseur Roland, « Etude iconographique des statues de la tour Saint-Maclou de Mantes » dans Les Amis du Mantois, Mantes-la-Jolie, tome 7, 1956, pp. 16-21.
Vasseur Roland, « Notes archéologiques sur la tour Saint-Maclou de Mantes » dans Les Amis du Mantois, Mantes-la-Jolie, tome 8, 1957, pp. 31-36.
Chapron Henri, Rousselle Robert, « Précisions sur l’église Saint-Maclou de Mantes » dans Les Amis du Mantois, Mantes-la-Jolie, tome 12, 1961, pp. 47-50.
Notice réalisée par Annick Gosse-Kischinewski et Claude Lesénécal (juillet 1990).

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