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Nouveaux Mantais : Faites-vous connaître par mail : contact@manteslajolie.frLe Musée de l'Hôtel-Dieu est actuellement fermé pour travaux. Réouverture prévue au 2e semestre 2018.
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Culture  puce Patrimoine  puce La Collégiale

 

La Collégiale

L’église Notre-Dame est ouverte à la visite en dehors des offices. Vidéoguide en location à l’Office de tourisme / Musée Hôtel-Dieu 1 rue Thiers. Tél : 01 34 78 86 70. Prix : 2 €
45 mn de découverte in situ avec un outil multimédia associant l’image et le son pour décrire les sculptures, les vitraux de la grande rose, etc.
Visite commentée pour les groupes, à la demande. Renseignements à l’Office de tourisme.

 


Vidéo guide de la Collégiale Notre-Dame de Mantes-la-Jolie

Erigée à la place d’une ancienne église attestée au avant le Xe siècle, la collégiale était comprise dans l’enceinte du château royal de Mantes qui fut détruite au XVIIIe siècle. Siège de la puissante confrérie des marchands dite « de l’Assomption » au sein de laquelle était traditionnellement choisis les échevins, la collégiale possédait également le titre d’église royale. Les rois de France eux-mêmes ou leurs plus proches parents, jusqu’à Philippe Auguste, furent régulièrement nommés abbés séculiers du lieu. C’est certainement sous l’impulsion conjointe des marchands et bourgeois de Mantes et du roi de France que la reconstruction fut décidée et menée à partir de 1140 [A. Prache, 2000].



Aucune archive n’ayant été conservée à ce sujet, seule l’analyse architecturale témoigne aujourd’hui de la chronologie de la construction. Quatre étapes majeures ont ainsi été distinguées par l’archéologue Jean Bony [1949]. La première, qui marque le début de la reconstruction, voit la mise en place d’une plate-forme, destinée à rattraper une déclivité située devant la façade de l’ancienne collégiale, et la fondation du premier niveau de mur de façade du nouveau bâtiment. Les parois extérieures du premier niveau des bas-côtés de la nef sont également commencées (première travée au nord, quatre premières au sud) et les sculptures des ébrasements furent posées vers 1170. Détruites, avec le trumeau, en 1794, seule quatre têtes furent retrouvées en 1857. Le tympan posé en 1180, fortement mutilé à la Révolution, représente dans un style et une iconographie très proches de ceux de Senlis le Couronnement de la Vierge entouré, dans les voussures, par l’arbre de Jessé.

La deuxième campagne de construction voit se mettre en place très rapidement les piles du haut vaisseau et le voûtement des bas-côtés et du déambulatoire. L’installation dans la nef de piles composées alternant avec des piles circulaires témoigne du projet primitif des voûtes sexpartites qui fut en effet réalisé. Le plan d’un édifice sans transept et à trois vaisseaux précédé d’une façade à deux tours se dessine donc à cette époque. Le parti de simplicité s’exprime particulièrement dans l’absence de chapelles rayonnantes ou latérales et donc dans le choix d’une vaste abside semi-circulaire bordée d’un simple déambulatoire.

La troisième phase de construction, correspond à la mise en place des tribunes dans tout l’édifice, à l’exception des travées les plus proches de la façade encore en chantier, et à la conception particulière de leur voûtement. En effet, les hautes tribunes qui ouvrent sur la nef par trois baies brisées placées sous un arc de décharge à l’instar de celles de Notre-Dame de Paris, furent couvertes de berceaux brisés transversaux retombant au droit des piles sur des linteaux soutenus par deux colonnes isolées. Ce système original, fruit d’une combinaison des traditions romane et carolingienne, n’a été conservé que dans les travées tournantes du chœur et dans les dernières travées du bas-côté nord. Les bases comme les chapiteaux des colonnes  correspondent à celles mises en place autour de 1180-1190 à Notre-Dame de Paris et permettent donc de dater cette étape de la construction. Si dans les tribunes de la nef l’éclairage semble avoir été assuré dès l’origine par des baies brisées, qui furent modifiées postérieurement, ce sont des oculi qui furent réalisés dans le chœur. Le mur extérieur des tribunes fut également modifié à cette même époque pour recevoir les culées des arcs-boutants qui, semble t-il, n’étaient pas prévus à l’origine. Posée très en retrait par rapport au premier niveau, la paroi pu ainsi recevoir de minces contreforts destinés à supporter les culée au-dessus de la toiture.

La mise en place du niveau des fenêtres hautes et de la voûte de haut vaisseau vers 1200 marque l’achèvement du gros œuvre. Les baies percées dans un mur mince possèdent un profil brisé et ne se développent pas sur toute la surface murale. Nous y retrouvons l’influence de Notre-Dame de Paris avec l’utilisation à ce dernier niveau de colonnes appareillées contrairement au délit utilisé aux niveaux inférieurs.



L’édifice, partiellement inachevé, sera repris plus de quinze ans plus tard par la construction des niveaux supérieurs du massif de façade. C’est donc vers 1220 que la façade fut raccordée à la nef et que les tours furent élevées. A cette époque, ce n’est plus Notre-Dame de Paris qui influence les constructeurs mais la cathédrale de Laon à laquelle ils empruntent les murs percés de galeries de circulation ou l’ouverture des tours vers le haut vaisseau. La présence de trois lancettes surmontées d’une rose au-dessus du portail central s’inspire également directement de la façade nord du transept de cet édifice. Les niveaux supérieurs des tours furent mis en place à la fin de cette ultime campagne. Conçus à l’origine comme deux éléments totalement indépendants et distincts, ils furent harmonisés au XIXe siècle par l’architecte Alphonse Durand. Celui-ci modela la tour sud sur sa voisine dont la source est à nouveau Notre-Dame de Paris avec sa galerie de fines colonnettes surmontée de baies jumelles.

Des additions et des modifications se sont ensuite succédées jusqu’au XIVe siècle. Le portail de droite, offert par le maire et les échevins, fut installé vers 1300. Représentant des scènes de l’Enfance du Christ et de la Passion, il fut réalisé dans un style très proche de celui du portail de la Calende de la cathédrale de Rouen. Des chapelles rayonnantes furent ajoutées au chœur entre 1300 et 1325 et en 1325-1330 la reine Jeanne d’Evreux et Jeanne de France, reine de Navarre, firent construire une chapelle (dite de Navarre) dans les septième et huitième travées du bas-côté sud. Au cours de la seconde moitié du XIVe siècle, des chapelles latérales furent installées sur le flanc sud de l’édifice et de vastes fenêtres furent ménagées dans les tribunes des travées droites de la nef alors que le voûtement en était modifié.

 

Extrait paru en 1948, auteur : Ferry Jules, inspecteur de l’Enseignement primaire
Notre-Dame de Mantes/ Nef :

« La voute sur croisée d’ogives fit son apparition avant 1125 simultanément en Lombardie, en Angleterre, en Aquitaine, en Anjou… Mais ce furent les architectes d’Ile-de-France qui firent de ce procédé de maçon une technique parfaite et qui tirèrent un style. Le Mantois fait partie du vaste laboratoire architectural que fut, pendant le deuxième tiers du XIIe siècle, le Domaine royal. Il est singulièrement instructif et émouvant de suivre sur les voûtes des églises campagnardes le tâtonnement et les conquêtes de l’esprit logique et calculateur de nos ancêtres. Quels progrès l’on constate, si l’on compare les premières voûtes épaisses et bombées soutenues par d’énormes ogives (à Gaillon, près de Meulan par exemple), avec les belles voûtes sexpartites de Notre-Dame de Mantes, voûtes qui constituent l’un des éléments de la ressemblance entre cette dernière et Notre-Dame de Paris. Rien n’est ici laissé au hasard. Le niveau où naissent et celui où se brisent les doubleaux, les formerets et les ogives qui portent les compartiments de la voute, leur tracé, leur profil, tout est minutieusement calculé. Une technique évoluée, plus riche, se met au service d’un gout plus affiné.

Et la ressemblance avec Notre-Dame de Paris se retrouve dans l’aspect général de l’édifice, dans cette vue de la façade qui orne la couverture de l’album. La collégiale de Mantes, sœur des grandes cathédrales, associe à la majesté robuste de sa conception générale, la grâce de ses tours qu’allègent de hautes baies et de fines colonnettes. Elle est la traduction architecturale de l’idéalisme sans fioriture de la foi primitive et des aspirations esthétiques de plus en plus précises de l’évolution nationale. »

 

²Bibliographie :

 

  • CLERISSE Henri, , Imprimerie Beaumont, Mantes-la-Jolie, 1939.Promenades dans Mantes-la-Jolie
  • COUDURIER Aurélien, Mémoire en images : Mantes la  jolie, Editions Alan Sutton, 2010.
  • Collectif, Mantes médiévale la collégiale au cœur de la ville, Alain Erlande-Brandebourg (préf.) Somogy – Musée de l’Hôtel-Dieu, Paris, 2000, 179 p.
  • POISSON Georges, Dictionnaire des monuments d’Ile-de-France, Editions Hervas, Paris, 1999.
  • FERRY Jules, Trésors d’Art du Mantois : Album de photographies illustrant l’évolution de l’art dans le Mantois, essai de documentation archéologique locale, L’école du Mantois, 1948.

 

²Monographies :

Bailly Robert, La collégiale Notre-Dame à Mantes-la-Jolie, P.L. Tenaillon (préface) 223 p.

Rhein André, Notre-Dame de Mantes, coll. « Petites monographies des grands édifices de la France », Paris, Laurens, 1932.

Schwob Thomas, Sidobre Cédric, Notre-Dame de Mantes-la-Jolie, Bonnières-sur-Seine, Ed. Italique, 2007. 159 p.

 

²Protection au titre des Monuments historiques : Classée au titre des Monuments historiques en 1840.

 

²Dimensions de l’édifice :

 

  • Longueur totale dans l’œuvre : 67,70m
  • Longueur de la nef et du chœur : 57,70m
  • Largeur totale : 24m
  • Largeur de la nef : 11,75m
  • Largeur des bas-côtés : 6,10m
  • Hauteur sous voûte : 29,90m
  • Développement de la façade : 29,70m
  • Hauteur jusqu’à l’étage des galeries : 31,25m
  • Hauteur totale des tours : 54,40m

 

 

 

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